mercredi 4 novembre 2009

148. Lumet : Network

1001 films : Network
Titre français : Main basse sur la TV
Encore une mauvaise traduction de titre de film.
"Ce que dénonce Lumet, c'est que la télévision fait main basse sur le monde" Jean-Louis Bory. 22 mars 1977

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle :
Au 610ème rang

Film américain réalisé en 1976 par Sidney Lumet (1924)
Avec Faye Dunaway, William Holden, Peter Finch, Robert Duvall, Beatrice Straight

Film didactique sur la "méchante" télévision.
Le hic, c'est que ça fait 30 ans que les média nous rabâchent ce thème de la poursuite des cotes d'écoute. Alors, comme on n'est plus vraiment des néophytes en la matière, on risque d'être peu ému en revisionnant ce film qui a dû, par ailleurs, certainement ébranler les consciences, à l'époque.

On a l'impression qu'on n'est jamais sorti de ce film tant la réalité actuelle du monde télévisuel dépasse outrageusement la fiction. Finalement, j'en ai tellement marre de ce sujet de la poursuite des cotes d'écoute par les grandes chaînes télé que ça gâte un peu le plaisir de revoir ce grand film qui osait aborder en profondeur cette plaie du monde des média. Ajouter à cela une dose importante et horripilante de "télévangélisation" et vous avez un film qui m'agace à plusieurs reprises.

Ceci étant dit, ça demeure une sacré bonne analyse du milieu de la télévision avec des accents prophétiques impressionnants. Impressionné aussi par l'habileté de Lumet à toucher à tant de thèmes : le milieu de la télévision, la course aux cotes d'écoute, la psychose paranoïaque, les gauchistes américains (toutes les séquences de cette partie auraient pu carrément sauter au montage, le film y gagnant en limpidité), la libération sexuelle (Dunaway draguant le vieux Holden, savoureux), les relations extramaritales, etc.

Le plaisir de revoir le visage de Faye Dunaway; par ailleurs, un peu décontenancé sinon choqué (sous le choc), par ce corps aux limites de l'anorexie. Un corps qui représente bien ce personnage émotionnellement vide - le coeur mangé par les "ratings".

Oscars 1977 : Faye Dunaway (meilleure actrice), Peter Finch (meilleur acteur), Beatrice Straight (meilleure actrice dans un rôle secondaire - une statuette obtenue avec seulement 5 minutes et 40 secondes de présence à l'écran!!!) et une statuette pour le meilleure scénario
Évaluation IMDB : 8,1 sur 10 par 29 204 votants
Au 226ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Visionné, la première fois, le 6 février 1977 au cinéma à Montréal
Mon 148ème film des 1001 films de Schneider

mardi 27 octobre 2009

147. Corman : The Masque of the Red Death

1001 films : The Masque of the Red Death
Titre français : Le masque de la mort rouge

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle :
Absent de cette liste.

Film britannique réalisé en 1964 par Roger Corman (1926)
Avec Vincent Price, Jane Asher, Hazel Court, David Weston

Je ne me souviens plus du tout de ce film qui m'apparaît très mineur, peu intéressant. Vraiment, en 1977, j'évitais ce type de film. La soirée devait être drôlement moche pour que je m'écrase devant la télé pour me taper un film d'horreur, moi qui les avais tellement en... horreur.
Allez, on se farcit à nouveau ce film. Pas toujours rose ce foutu concept de revoir tous les films de Schneider au fil de ma chronologie personnelle. (En fait, j'adore!)

Eh bien, je l'ai vu. Où avais-je la tête lorsque j'ai vu ce film en 1977? Enfermé dans mes préjugés contre les films d'horreur, probablement. Bon, ce n'est toujours pas le style de film que je préfère mais j'ai aimé ce film. C'est bien fait, ça rend bien le monde de Pöe, le méchant Prospero (Vincent Price) est méchant à souhait quoique son prêchi-prêcha finit drôlement par m'agacer. Mais plus près du théâtre que du cinéma, tant par le décor, la mise en scène et la déclamation de Prospero qui se prend pour un héros shakespearien.
Des influences évidentes de Hitchcock et de Bergman.
Hitchcock : La maîtresse de Prospero, Juliana (Hazel Court), qui se fait attaquer par des oiseaux noirs. Une scène onirique assez érotique dans laquelle Francesca (Jane Asher), terrorisée, pousse des cris qui sortent directement de la scène de la douche de Psycho.
Bergman : Le personnage encagoulé de la mort est une belle transposition du même personnage que le retrouve en joueur d'échecs dans le Septième sceau. La ressemblance entre le Septième sceau (1957) et le Masque de la mort rouge était tellement évidente pour Roger Corman qu'il retarda de quelques années la production de son film pour marquer un décalage entre les deux films.

Évaluation IMDB : 7,0 sur 10 par 2776 votants
Visionné, la première fois, le 22 janvier 1977 à la télévision à Montréal
Mon 147ème film visionné des 1001 films de Schneider

vendredi 23 octobre 2009

146. Rafelson : Five Easy Pieces

1001 films : Five Easy Pieces
Titre français : Cinq pièces faciles

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle :
Au 698ème rang

Film américain réalisé en 1970 par Bob Rafelson (1933 )
Avec Jack Nicholson, Karen Black, Susan Anspach

Séquence de cinéma américain que j'aime :
Cols bleus, derricks de pétrole, végétation semi-désertique, grosse bagnole, une chanson country à la radio (Tammy Wynette singing for the lonely), mobil home, bière en canette. Maintenant, ajouter Jack Nicholson (loin de ses débuts - 1956 - contrairement à ce que l'on pourrait penser) et Karen Black aux yeux noirs dont le strabisme est tellement émouvant,(jadis, une courte passion amoureuse pour cette comédienne, agréablement retrouvée dans Nashville d'Altman) qui sont constamment en porte-à-faux, sur deux rails parallèles sans espoir d'aiguillage.

Les cinq petites pièces faciles réfèrent à un cahier d'exercices de piano pour débutants.
Débutant comme ce Robert Dupea (Nicholson) qui trimbale sa vie comme un ado attardé sur le chemin de la croissance, qui frappe tout ce qui bouge pour déclencher une expérience émotionnelle qu'il n'atteindra finalement qu'auprès de son père, muet. Après cette scène où Dupea touche enfin au coeur de sa vie, il ne lui reste plus qu'à tout recommencer. Éloge de la fuite.

Cette scène d'anthologie, évidemment.
À mettre en parallèle avec la scène du MacDo dans le film Falling Down de Joel Schumacher






Bob Rafelson, après ce film tant prometteur, disparaît des écrans-radar. Peu de films et sans intérêt.
En aller il y a 25 ans, Truffaut au coeur de ma passion cinéma.

Évaluation IMDB : 7,5 sur 10 par 10 579 votants
Visionné, la première fois, le 9 janvier 1977 à la télévision à Montréal
Mon 146ème film visionné des 1001 films de Schneider

mardi 13 octobre 2009

145. Julian : The Phantom of the Opera

1001 films : The Phantom of the Opera

Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle :
Au 780ème rang

Film américain réalisé en 1925 par Rupert Julian (1879-1943)
Avec Lon Chaney, Mary Philbin, Norman Kerry.

J'ai horreur de ce type de publicité que l'on retrouve régulièrement sur les enveloppes des dvd. Ainsi, The Phantom of the Opera serait le premier grand film d'horreur de l'histoire du cinéma. Comment peut-on ignorer Le cabinet du Docteur Caligari de Wiene et le Nosferatu de Murnau pour ne nommer que ces deux-là qui écrasent littéralement le fantôme dans son 5ème sous-sol.

Un film muet, la belle affaire, mais la colorisation , quelquefois me fatigue. Dix ans après les Vampires de Feuillade dans laquelle série il utilisait les changements de couleur de pellicule pour distinguer le jour de la nuit ou la clarté de la noirceur, Julian répète la même technique. Ah, que j'adore les quelques plans, trop rares, en noir et blanc; à la limite le jaune et brun est supportable mais le monochrome vert, rouge ou bleu m'agace.
Une autre forme de colorisation, par ailleurs, représente un gain esthétique net. Il s'agit d'ajouts de couleurs à certains éléments qui composent les plans d'une séquence. À ce titre, la scène du bal masqué, filmée dans l'escalier de l'opéra de Paris, est, en soi, un petit chef d'oeuvre.
Tout ça étant dit, un des grands films d'horreur de la période du muet dont l'histoire, simpliste à souhait, est menée rondement sans les longueurs habituelles des films muets et, évidemment, sans oublier ce qui fait la renommée intarissable de ce film, ceci :

Belle surprise sur la copie que j'ai visionnée. La musique a été composée par Gabriel Thibaudeau, pianiste attitré à la Cinémathèque québécoise lors de projections de films muets et interprétée par I Musici de Montréal et la chanteuse d'opéra Claudine Côté.

Évaluation IMDB : 7,8 sur 10 par 5003 votants
Visionné, la première fois, le 5 janvier 1977 à la télévision à Montréal
Dix films de la liste ont été vus en 1977.
Mon 145ème film visionné des 1001 films de Schneider

samedi 3 octobre 2009

144. Clouzot : Le salaire de la peur

1001 films : Le salaire de la peur
Les 1000 meilleurs films du 20ème siècle :
Au 223ème rang

Film français réalisé en 1953 par Henri-Georges Clouzot (1907-1977)
Avec Yves Montand, Charles Vanel, Folco Lulli, Peter van Eyck et Véra Clouzot

J'avais oublié la première partie du film tellement l'intensité de la deuxième partie avait oblitéré tout esprit critique lors d'un premier visionnement, il y a plus de trente ans.

Donc, première partie que j'aime.
Une mise en place des personnages qui s'éternise et qui distille l'ennui (mais cet ennui est nécessaire de même que les dialogues en anglais, en espagnol et italien, tous non sous-titrés) et que j'intitulerais L'aquarium (en souvenir d'un roman du Québécois Jacques Godbout qui portait le même titre et qui décrivait, si je me souviens bien, une petite société de colonisateurs mourant d'ennui et de palu dans un coin perdu de la tropicalité africaine.). Un paquet de petits blancs paumés tournent en rond dans un coin pourri de la planète en quête d'une impossible échappatoire : pas de jobs mais pas de billets de sortie non plus. Englués...comme dans un bain de pétrole.
Qui de Arnaud (auteur du roman dont a été tiré le film) ou de Clouzot s'est amusé a maltraiter à ce point la Femme dans ce film. On a rarement atteint, dans un film, un tel niveau de misogynie. En fait, que vient faire le personnage de Véra Clouzot dans cette histoire à peine déguisée d'homosexualité masculine sinon à titre de matériel de projection machiste. Oublions également les remarques au sujet des femmes noires... à hurler.

Deuxième partie : Confronter ou fuir.

Je pense à L'éloge de la fuite de Henri Laborit et sa mise en cinéma par Alain Resnais dans Mon oncle d'Amérique.

Me suis surpris à aimer le personnage du "lâche" interprété par Charles Vanel et à le préférer à celui, monobloc, interprété par Yves Montand, le "John Wayne" des routiers. C'est vrai que Montand a une gueule du tonnerre dans ce film, me touchant particulièrement lorsqu'il parle italien, mais je n'étais pas disposé à recevoir ce super-héros.
M. Jo (Vanel) me touche beaucoup plus par son itinéraire émotionnel; on le voit passer par toute la gamme des émotions que l'on vit lorsqu'on est confronté à une situation éminemment anxiogène : de la position de crâneur à la plus lamentable panique qui mène inexorablement à la fuite..
Ma réaction a certainement à voir avec une expérience récente à l'Aiguille du Midi à Chamonix. Je m'étais aventuré dans l'arête étroite et vertigineuse qui part de la station de l'Aiguille (3800 m.) et qui descend dans la Vallée Blanche, sans crampons, sans piolet, sans corde, en bottes de randonnée (en imbécile heureux, quoi! et je suis gentil avec moi en disant celà). Ce qui devait être une belle balade dans la neige s'est rapidement transformé, vu mon sous-équipement, en une situation hautement anxiogène. Pas de Vallée Blanche mais plutôt, une bonne frousse.

Dans le générique (j'aime les lire au complet; je suis souvent seul à le faire dans les salles de cinéma, les nettoyeurs de salle agacés de ce comportement délinquant) : Des remerciements à La Société Française des Glycérines (au choix, avec de la glycérine on peut faire de la nitroglycérine ou des bulles de savon) et à la Société Française de l'Amiante (pauvre gouvernement du Québec qui a nationalisé une mine d'amiante en 1978 au moment où on commençait à bannir ce produit en Europe; les anciens propriétaires de la mine se tordent encore de rire!).
Ah oui, j'oubliais. Dans ce film, on y retrouve des capitalistes américains, méchants à souhait, qui exploitent les damnés de la Terre. Au temps de la "guerre froide", on ne rigole pas avec ces choses, donc censure du film en terre américaine.

Berlin 1953 : Ours d'or
Cannes 1953 : Grand prix du festival et Mention spéciale pour Charles Vanel
Évaluation IMDB : 8,3 sur 10 par 12097 votants
Au 150ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Visionné, la première fois, en 1976 à la télévision à Montréal
Mon 144ème film visionné des 1001 films de Schneider