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dimanche 19 octobre 2008

102. Boorman : Deliverance

1001 films : Deliverance
Titre français : Délivrance
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle : Au 176ème rang

Film américain réalisé en 1972 par John Boorman (1933)
Avec Jon Voight, Burt Reynolds, Ned Beatty, Ronny Cox, Ed Ramey

Très improbable titre que ce Deliverance.
Les trois survivants de cette merveilleuse escapade sur la rivière Chattooga (frontière Georgia/South Carolina) sont, à jamais, suite à leur aventure, enfermés dans un cauchemar sans issue; ce que confirme la dernière séquence du film. Pas de délivrance en vue pour eux.
Dernière séquence pillée par Brian de Palma pour conclure son Carrie.


Une des séquences les plus célèbres de Délivrance : le duo guitare-banjo.



Billy Redden, le "banjo boy" qui, en fait, ne joue d'aucun banjo, a été sélectionné pour son "look" qui correspondait au fait avéré ou au préjugé (vous choisissez) de la pratique de l'endogamie dans les régions isolées des Appalaches; la pratique de l'endogamie entraînant possiblement le développement de dégénérescences génétiques : syndrome de Down, déficience intellectuelle, malformation congénitale. Avouez que Billy Redden est une belle synthèse de ces 3 éléments.
Tim Burton a déniché Redden dans un boui-boui du sud profond pour lui faire faire une apparition en "banjo man" dans sa production de 2003, Big Fish.

Dans le message précédent, je traitais du procédé de "la nuit américaine" : on en a un bel exemple dans ce film lors de la scène de nuit au sommet de la paroi escaladée par le personnage interprété par John Voight.

Jean-Louis Bory, dans la Lumière écrit (tome 5 de ses critiques cinématographiques) traitant de Deliverance : "le sauvage modèle 1972 ne respecte pas le modèle "bon sauvage" qui fait pleurer d'attendrissement dans les chaumières hippy." Vous savez, j'aime Bory.

Lecture cinéphilique en cours
Zanuck, le dernier grand nabab par Leonard Mosley.
Mais qu'est-ce qu'un nabab?
"Un jour alors que je sortais du magasin du studio, je vis Zanuck quitter la salle à manger et marcher en direction de son bureau. Sa cour l' entourait, composée d'une foule d'assistants, de producteurs et de parasites. Stupéfait, je le vis soudain déboutonner sa braguette tout en parlant et pisser contre un mur. Il y avait plein de monde, mais cela ne le troublait nullement. Il faisait cela à sa manière, aussi candide que n'importe quel gosse des rues."
Y a pas de meilleure définition.

Pour les amateurs de mon palmarès des meilleurs films du 20ème siècle, vous pouvez consulter ici les ajouts faits à la méthodologie.

Évaluation IMDB : 7,9 sur 10 par 28 650 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 27 octobre 1973 au cinéma St-Denis à Montréal
Après 4 semaines à parcourir l'Espagne et le nord du Maroc, retour tumultueux à Montréal. En descendant de l'avion, puisque plus rien ne m'attache, je décide de m'installer à Montréal. Chômage, petit meublé crasseux, couple en déroute, l'hiver aux portes de Montréal (j'ai toujours haï l'hiver à Montréal). Délivrance peut-être mais, à ce moment-là, je pensais plutôt déroute.
Mais il y a Tomiko, rencontrée à la sortie de la gare à Cordoba, qui, complètement "pétée" (comme dans péter les plombs), sursoit à son tour d'Europe pour m'accompagner à Montréal. C'est pas de l'amour, ça? (Quel mélo!, sortez les mouchoirs; pouaff comme dirait l'Agrippine de Brétécher).
Mon 102ème film des 1001 films

dimanche 31 août 2008

98. Eastwood : High Plains Drifter

1001 films : High Plains Drifter
Titre français : L'homme des hautes plaines
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Au 891ème rang

Film américain réalisé en 1972 par Clint Eastwood (1930)
Avec Clint Eastwood, Verna Bloom, Marianna Hill, Mitch Ryan

Je ne fais jamais de résumé de film, sauf exception, en voici une :
La vengeance est un plat qui se mange froid...
et la misogynie "is well and alive" au pays du western.

Une sorte de High Noon revu et corrigé par SergioLeone.
Encore le beau rôle pour ce cher Clint, fils spirituel, complètement perverti, de Gary Cooper.

Mais qu'est-ce qui m'agace tant dans ce film?

D'abord, le village IKEA qu'on vient juste de finir de monter lorsque Clint nous joue le numéro du "lonesome cowboy" qui arrive lentement grâce une longue focale dictée par ce même cowboy. Ah oui! et tout le monde a lavé les vitres de ses fenêtres pour l'arrivée de l'inconnu.
Puis, la scène du viol, à cause du classique "NON qui veut dire OUI" des femmes dont les westerns, entre autres, nous ont abondamment abreuvé et que je ne suis plus capable de piffer à 100 kilomètres.
Puis, ce fameux "mon nom est personne"; on nous l'avait bien joué à quelques reprises celle-là.

Se pourrait-il que le western ne soit pas tout à fait ma tarte tatin (afin d'éviter l'anglicisme "ma tasse de thé")?

Lecture cinéphilique en cours :
Images. My Life in Film par Ingmar Bergman.
À 72 ans, après avoir mis un terme à sa carrière cinématographique, Bergman retourne visiter ses films. Un aperçu de ce qui vous attend si vous plongez dans cette oeuvre : "this act of looking back would, at times, turn into a murderous and painful business."
Lecture en parallèle avec Les bienveillantes de Jonathan Littell dont je ne veux pas sortir tant c'est gigantesque; le Citizen Kane de la littérature, rien de moins. À ranger à côté de À la recherche du temps perdu... bon, o.k., à quelques pas.

Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle : Au 892ème rang
Évaluation IMDB : 7,5 sur 10 par 10 895 votants
Toutes les informations sur le film sur IMDB et aussi , en français, sur AlloCiné, si vous êtes capables de supporter toute cette pub.
Visionné, la première fois, en août 1973 au cinéma
Mon dernier mois, celui-ci passé dans l'Ouest canadien, à titre de coordonnateur de l'échange avec le Mexique pour l'organisme Jeunesse Canada Monde : fin d'une grande aventure.
Mon 98ème films des 1001 films

vendredi 22 août 2008

97. Peckinpah : Pat Garrett and Billy the Kid

1001 films : Pat Garrett and Billy the Kid
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Au 523ème rang

Film américain réalisé en 1973 par Sam Peckinpah (1925-1984)
Avec James Coburn, Kris Kristofferson, Bob Dylan

Comme je l'ai déjà dit quelque part dans ce blogue, je n'ai jamais vraiment beaucoup aimé les westerns. À part les films de Leone qui ont mis une parenthèse dans ma détestation des westerns, je fuyais ce type de production. Et cette haine du western était encore plus forte durant ma vingtaine. Alors, normalement, je n'aurais pas dû aller voir ce film ce soir de juin 1973, esseulé au coeur de l'ennui fait ville, Toronto.

MAIS, il y avait Bob Dylan sur l'affiche : acteur (sic) et compositeur (ô merveille!).

Et comment dire... Dylan fut la plus belle rencontre culturelle de toute ma vie. Rencontre qui s'est faite, durant l'hiver 1973, sur les chemins poussiéreux de la campagne mexicaine au volant de ma jeep en écoutant The Greatest Hits vol.2 sur un magnétophone de poche. Ce fut un coup de foudre. Dylan chantait depuis 10 ans (nous étions en 1973) et je ne savais rien de lui hormis le hit Blowin' in the Wind; comment avais-je pu passer à côté d'une telle oeuvre?
Il y a de ces cécités culturelles qui nous semblent incompréhensibles après coup. J'allais reprendre le temps perdu. À mon retour à Montréal, j'allais me plonger pendant des années dans l'oeuvre de Dylan.
Deux sites qui donnent accès à tout Dylan : Expecting Rain et About Bob Dylan
Dylan, carrément nobélisable. Parce qu'il faut lire Dylan autant qu'écouter sa musique, une des plus électiques qui soient.
Alors, laissez vos dvd sur la tablette pour un bout de temps et mettez vous à l'étude de Dylan.
Ah oui, le film!

Un bon qui est méchant (James Coburn-Pat Garrett avec une tête patibulaire) à la poursuite d'un méchant qui est bon (Kris Kristofferson-Billy the Kid with his angel face). Bon, d'accord, je simplifie, comme d'habitude. J'ai peut-être trop vu de westerns.

Et Dylan acteur? Nullissime dans le rôle d'un personnage insipide qui semble arrivé d'une autre planète.
Roger Ebert, un des plus célèbres critiques de cinéma américain, nous donne son appréciation plutôt désopilante, de la performance de Dylan :"His screen presence makes him look as if he's the victim of a practical jokes involving itching powder."

Point fort du film : L'émouvante ballade Knockin' on Heaven's Door lors d'une des mes séquences préférées du film. Dans cet extrait, regardez le ciel derrière le type qui agonise. Trop courte la scène qui nous prive d'une expérience émotionnelle intense surtout après la classique et interminable scène de tuerie. Si la séquence avait été plus longue on aurait entendu Dylan, dans le deuxième couplet, chanter "that long black cloud is coming down". Comment a-t-on pu couper une telle séquence? Ça m'a bousillé le visionnement du reste du film.









Texte de la chanson et prestation par Bob Dylan sur Paroles.net
Évaluation IMDB : 7,3 sur 10 par 4335 votants
Palmarès du 20ème siècle : Au 521ème rang des meilleurs films du 20ème siècle
Toutes les informations sur le film sur IMDB et aussi en français sur AlloCiné, site malheureusement contaminé par la pub.
À lire : Une chronique de George Kaplan sur dvdclassik.com. Comment une oeuvre qui me paraissait médiocre devient magistrale grâce à un texte savant et passionnant. Merci monsieur Kaplan. Un bémol : l'utilisation des titres de la version doublée des films m'agace profondément.
Visionné, la première fois, en juin 1973 au cinéma à Toronto
Mon 97ème film des 1001 films

jeudi 14 août 2008

96. Coppola : The Godfather

1001 films : The Godfather
Titre français : Le parrain
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Au 8ème rang

Film américain réalisé en 1972 par Francis Ford Coppola (1939)
Avec Marlon Brando, Al Pacino, James Caan, Richard S. Castellano, Robert Duvall, Richard Conte, Diane Keaton et Sofia Coppola sur les fonds baptismaux.

Pour moi, si The Godfather est un film si marquant et s'il mérite d'être en haut des palmarès c'est qu'il s'inscrit dans une trilogie dont l'élément majeur est le deuxième film de la saga.

Le premier volet de la trilogie souffre d'un déficit majeur de crédibilité. Les maffiosi au grand coeur dont les seules victimes sont d'autres maffiosi, jamais de civils, et qui refusent d'entrer dans le marché lucratif de la drogue parce que ça pourrait être néfaste pour les familles (et le jeu, et la prostitution, et le racket de la protection ce sont des passe-temps pour fillettes?) et pour qui la famille passe avant tout, c'est pas très crédible; ça me fait penser à la chanson insupportable d'Aznavour La Mamma (alors là , je suis vraiment de mauvaise foi!).

Je n'avais pas très aimé ce film à l'époque. Je l'aime beaucoup plus aujourd'hui parce que je m'arrête moins à la crédibilité du scénario et m'attache plus au jeu des comédiens (qu'est-ce que j'adore ce Marlon Brando) et que je sais que le Parrain II va suivre et me plonger dans une histoire qui est imbriquée dans celle des États-Unis : sénateurs véreux, complot menant à l'assassinat de Kennedy, la chute de Batista et l'arrivée des "barbudos" à La Havane, la commission sur le crime organisé dirigée par Robert Kennedy avec en prime la naissance d'un maffioso, Vito Corleone, au coeur de Little Italy de New York au début du vingtième siècle.

"I Believe in America"
Vous rappelez-vous de la première séquence du film qui commence par cette phrase prononcée par Amerigo (c'est pas une blague) Bonasera, le directeur funéraire, que nous ne verrons plus que pendant 10 autres secondes dans la suite de la saga. Un des "zoom out" les plus déroutants de l'histoire du cinéma.
À qui parle Bonasera?
Voyez par vous-mêmes.










Une bataille fait rage sur Internet Movie Database (IMDB) en ce moment. The Dark Knight de Christopher Nolan vient de déclasser The Godfather au sommet du top 250. On ne déplace pas un tel monstre sacré sans entraîner cris et hurlements. On dit que la crédibilité du Top 250 de IMDB est à jamais remise en question. J'avais déjà remarqué qu'il existe des sortes de commandos qui s'acharnent en bien ou en mal sur un film. Allez voir Titanic de James Cameron, évalué à 7,2 (ce qui est un non-sens pour ce Ben-Hur de la flotte), vous verrez que plus de 8% des votants ont adjugé 1 sur 10 pour ce film : de la pure mauvaise foi. "Well. That's what movie listing is all about."

Oscars 1973 : Marlon Brando pour le meilleur acteur, meilleure production et meilleur scénario à partir d'une oeuvre existante.
Cahiers du Cinéma : Au 36ème rang des 100 meilleurs films de tous les temps.
Évaluation IMDB : 9,1 sur 10 par 305 094 votants.
Au 3ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Palmarès du 20ème siècle : Au 8ème rang des meilleurs films du 20ème siècle
Toutes les informations sur le film sur IMDB et aussi en français sur Allociné
Visionné, la première fois, en février 1973 au cinéma à Mexico

En regardant Beijing lors des jeux olympiques j'ai l'impression de me retrouver à Mexico à l'hiver de 1973. Pollution de l'air extrême. Je reconnais bien ce smog qui bouche l'horizon à moins de 3 rues et qui oblitère le Soleil pendant des semaines. Mexico se trouve sur un haut-plateau à 2250 mètres d'altitude entouré de hauts sommets. Pendant l'hiver, saison sèche, l'air reste prisonnier dans ce bassin où habitent 30 millions d'habitants et circulent 5 millions de véhicules : un désastre environnemental.
De novembre à mai, j'ai habité dans un petit hôtel au coeur de Mexico. C'était mon camp de base entre les multiples tournées que je faisais en jeep pour aller visiter les petits villages où résidaient les participants du programme de Jeunesse Canada Monde dont j'étais le coordonnateur.
Je crois que je n'ai pas vu cinq films pendant toute cette période.
Mon 96ème film des 1001 films

dimanche 27 juillet 2008

94. Lumet : 12 Angry Men

1001 films : 12 Angry Men
Titre français : Douze hommes en colère
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Au 143ème rang

Film américain réalisé en 1957 par Sidney Lumet (1924)
Avec
1er juré : Martin Balsam,
2ème : John Fiedler,
3ème : Lee J. Cobb,
4ème : E.G. Marshall,
5ème : Jack Klugman,
6ème : Ed Binns,
7ème : Jack Warden,
8ème : Henry Fonda,
9ème : Joseph Sweeney,
10ème : Ed Begley,
11ème : George Voskovec,
12ème : Robert Webber.

Jack Klugman est le seul survivant des 12 jurés du procès.

Hormis les deux premiers plans, superbement amenés par Lumet, on est plus en présence de théâtre filmé que de cinéma proprement dit. Mais quelles magistrales mise en scène et direction d'acteurs. Le moins intéressant de ceux-ci étant , oh sacrilège, Henry Fonda, jouant le rôle de "monsieur parfait" auquel, tour à tour, les 11 autres jurés viennent se mesurer découvrant ainsi que, malgré leurs faiblesses et leurs blessures profondes, au fond d'eux, sommeille un être foncièrement juste et sensible.
Un des chef d'oeuvres de ce qu'on appelle les "good-feeling movies". Critères absolus : "happy end", "les bons gagnent et les méchants perdent, se convertissent ou s'autocritiquent" et les spectateurs sortent du cinéma avec un baume au coeur. Des p'tits oiseaux avec ça?

Voir ce film en se mettant à la place de la caméra. Au début, la caméra domine les personnages puis elle se place à leur niveau pour finir en contre-plongée créant ainsi à développer lentement mais irrémédiablement une sensation de claustrophobie.

Beaucoup de choses ont changé dans le contenu de cette pièce où sont enfermés les jurés du système judiciaire américain : il y a maintenant des femmes et aussi des membres d'autres groupes ethniques. On porte probablement moins le veston-cravatte; la cigarette est bannie et le baseball a perdu son importance. Mais une chose n'a pas changé, 50 ans plus tard : encore 37 États appliquent ou peuvent appliquer la peine de mort.

Critique amusante de ce film par François Truffaut dans les Cahiers du Cinéma numéro de 77 de décembre 1957. Lecture accessible sur le site des Cahiers moyennant Euros. Il faudrait faire un assaut sur les Cahiers pour leur demander l'accès gratuit à leurs archives.

Lecture en cours :
Tu vois, je n'ai pas oublié de Hervé Hamon et Patrick Rotman.
Biographie d'Yves Montand. Brique de 800 pages dont le dernier tiers est consacré à la carrière cinématographique du chanteur.
Je n'aime pas les biographies. Je ne me souviens pas d'une biographie dont j'ai terminé la lecture tellement cet exercice littéraire tout orienté sur un seul ego finit toujours par m'ennuyer. Une seule exception, Albert Camus par Herbert R. Lottman; mais il faut savoir que Camus fait partie de mon panthéon personnel.
Mais ici, exception. Les auteurs inscrivent la biographie de Montand dans le courant de l'histoire française des années 1930 à 1980. Comme on dit, ils fauchent large. C'est ce qui décuple l'intérêt porté à cette biographie. Parcourir Montand, c'est aussi parcourir une partie fascinante de l'histoire du vingtième siècle.
Du Front Populaire au mouvement d'extrême-gauche des années 70, en passant par l'histoire du communisme français et de sa débandade suite à son entêtement stalinien, le maccarthysme américain, le mini-maccarthysme français suite au "manifeste des 121", Mai-68 avec en prime des plongées intimes au coeur de la vie de deux "monstres" de la vie artistique du milieu du siècle : Édith Piaf et Marylin Monroe.

Festival de Berlin de 1957 : Ours d'or.
Évaluation IMDB : 8,8 sur 10 par 72 036 votants.
Au 11ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les votants de IMDB
Toutes les informations sur le film sur IMDB et aussi en français sur Cinéfiches
Visionné la première fois, en 1972 à la télévision à Québec
Mon 94ème film des 1001 films

lundi 9 juin 2008

92. Biberman : Le sel de la terre

1001 films : Salt of the Earth
Titre français : Le sel de la terre
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Absent de ce palmarès

Film américain réalisé en 1954 par Herbert J. Biberman (1900-1971)
Avec Rosaura Revueltas, Will Geer, Juan Chacon

Premier et seul (?) film communiste de l'histoire des USA; film communiste dans le sens de "réalisé et produit par des personnes appartenant ou ayant appartenus au parti communiste des USA."
Le Sel de la terre est une réponse au House Committee on Un-American Activities (HCUA) qui avait fait emprisonner (de 6 mois à 1 an) avant de les bannir d'Hollywood dix membres ou sympathisants du parti communiste qui avaient refusé de collaborer aux enquêtes menées en 1947 par le comité sur les activités des membres du milieu cinématographique qui pouvaient mettre en péril la sécurité des USA.

Un petit peu de Wikipédia :
"En 1947, la commission tient neuf jours d'audiences sur la présence d'une supposée influence et propagande communistes dans l'industrie cinématographique d'Hollywood. Les "Dix d'Hollywood" sont les dix producteurs, auteurs et/ou réalisateurs qui ont été condamnés pour avoir refusé de répondre aux questions de la commission et ont été inscrits sur une liste noire dans l'industrie. Au final, ce sont plus de 300 artistes qui sont été boycottés par les studios. Ceux-ci sont des réalisateurs, des commentateurs radio, des acteurs et particulièrement des scénaristes. Certains, à l'image de Charlie Chaplin et de Joseph Losey quittent les USA pour retrouver du travail. D'autres écrivent sous des pseudonymes ou sous le nom de collègues. Seulement un sur dix environ réussira à se reconstruire une carrière dans l'industrie du divertissement."

Les dix d'Hollywood : Herbert Biberman, Alvah Bessie, Lester Cole, Edward Dmytrick (réalisateur d'une cinquantaine de films qui sera réhabilité après avoir décidé de collaborer avec la commission), Ring Lardner, John Howard Larson, Albert Maltz, Samuel Ornitz, Adrian Scott et Dalton Trumbo dont le film Johnny Got His Gun peut être considéré comme le plus sombre et le plus effrayant plaidoyer contre la guerre.

En 1947, manifestation du Comité du "premier amendement" contre le déroulement de l'enquête de l'HCUA. À la tête de la manif : Lauren Bacall et Humphrey Bogart.

The Salt of the Earth
Interdit aux USA jusqu'en 1965
Si vous détestez les films pesamment didactiques dans la lignée des films soviétiques à vocation révolutionnaire de la période stalinienne, il faut quand même voir ce film. Bizarre de formulation mais qui correspond à mon ambivalence face à ce film. Oublions le côté "solidarité mes frères et mes soeurs, ensemble nous vaincrons" qui relève plus de l'utopie du "grand soir" que de la réalité sociale dans laquelle se vit quotidiennement la lutte des classes. Zola, dans Germinal, près de 100 ans auparavant, avait déjà souligné les illusions de ce type de solidarité et surtout l'échec des masses face au Capital. Qui peut vraiment croire à la victoire finale des travailleurs de la mine dans le film de Biberman?
Par contre, grand film très à l'avant-garde sur la lutte des femmes pour obtenir l'égalité entre les sexes. Vingt ans avant les grands combats du féminisme, ce film pose les jalons de ces combats à venir. Je suis resté estomaqué par la justesse de l'analyse mais surtout par son avant-gardisme.
9 sur 10 pour cet aspect.
Solidarity Forever : chant syndical créé en 1915 par Ralph Chaplin pour l'Industrial Workers of the World. Chant que j'ai retrouvé dans toutes les grèves (au moins une quinzaine) auxquelles j'ai participé. Chant tellement galvaudé qu'il en est devenu une source de moquerie.

Au début du film, on entend dans le village la sirène de la mine qui annonce qu'il y a eu un accident. Ça m'a rappelé mon enfance dans le quartier ouvrier de Limoilou à Québec, lorsqu'on entendait la sirène de la plus grosse entreprise, l'Anglo Pulp Company, appelant les secours ambulanciers mais aussi semant la panique parmi les gens de ma rue dont la plupart des hommes y travaillaient.

Lecture cinéphilique
Éric Neuhoff, La séance du mercredi à 14 heures
Un tout petit livre. Bien tassé, il ferait moins de 100 pages. Un cadeau pour cinéphile amoureux fou de cinéma mais aussi un peu compulsif. L'auteur s'amuse au "name droppings" à mon plus grand plaisir. Des tonnes d'anecdotes, des jugements à l'emporte-pièce et à l'emporte-coeur, qui quelquefois me font sursauter. Exemple : "...qui aurait envie de se déplacer pour détailler les mollets de Juliette Binoche..." (méchant, non?). Mais aussi des phrases à la Truffaut, telle "Le problème fut longtemps de trouver autre choses à aimer dans la vie. Le cinéma est tellement mieux que tout le reste." (Éric Neuhoff a aussi écrit Lettre ouverte à François Truffaut, pour les inconditionnels de Frank Truff.) Deux belles pages qui commencent par "Mettons. François Truffaut n'est pas mort."
Mais, malheureusement, on n'y échappe pas. Quand un cinéphile parle ou écrit, il s'empêtre toujours les deux pieds dans la nostalgie et ça finit, immanquablement, par "Le cinéma que nous aimions était en train de mourir" ou bien "Bientôt, personne n'ira plus au cinéma, sauf les acteurs les soirs de première." Ils sont souvent comme ça : des passionnés qui roulent à 200 à l'heure, le regard dans le rétroviseur.

Évaluation IMDB : 7,7/10 par 714 votants.
Toutes les informations sur le film sur IMDB et aussi en français sur Cinéfiches.
Visionné, la première fois, le 4 avril 1972 à la télévision à Québec
Montréal, capitale mondiale du terrorisme???
Dans l'actualité du jour : Deux bombes faisant un mort explosent à la mission commerciale cubaine à Montréal. Depuis 10 ans (1962), à Montréal : une douzaine de bombes faisant 5 morts et deux prises d'otages dont une avec mort d'homme (un ministre du gouvernement québécois). Front de Libération du Québec.
Mon 92ème film des 1001 films

samedi 26 avril 2008

86. Lewis : The Nutty Professor

1001 films : The Nutty Professor
Titre français : Docteur Jerry et Mister Love
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Au 544ème rang

Film américain réalisé en 1963 par Jerry Lewis (1926)
Avec Jerry Lewis, Stella Stevens, Del Moore

"Jerry Lewis est fort peu apprécié dans son pays. Il suscitera toutefois une grande admiration de la part de certains critiques français qui voient en lui le continuateur des gloires burlesques de la grande époque."
Monsieur Cinéma, Nos films de toujours
Je dois avouer que je fais partie de ceux qui sont médusés par l'affection portée à Jerry Lewis par les Français. Jerry Lewis a toujours été, pour moi, le cancre de la comédie. Son humour, aussi subtil qu'un Boeing dans une tour de centre-ville, m'a toujours tombé royalement sur les nerfs. C'est peut-être parce que le burlesque me laisse, au mieux, la plupart du temps indifférent. Par exemple, si vous m'invitez à voir un film de Mel Brooks, prévoyez quelques psychotropes hilarants; quelques bières pourraient aussi faire l'affaire.

Ce qui me fascine par-dessus tout dans ce film, c'est l'utilisation de la couleur. Le flamboiement des rouges, des bleus, des jaunes posés en a-plat traverse le film. La plus grande costumière de l'histoire du cinéma américain, Edith Head, les reproduit sur les vêtements de Stella.


Edith Head, dont vous trouverez une courte biographie sur l'excellent blog Les légendes du cinéma, est tout simplement la reine de la création des costumes du cinéma américain. Elle participa à ce titre à 418 films de 1927 à 1980 et remporta 8 oscars en cours de route.

La scène la plus célèbre de ce film. La scène finale lors du bal de promotion : la descente aux enfers du professeur Kelt qui voit son personnage charismatique de Buddy Love se métamorphoser graduellement en professeur Nigaud devant tous les élèves de la promotion.

C'est probablement à cause de cette scène (du moins je l'espère, parce que pour le reste, non vraiment pas) que ce film mérite sa place dans beaucoup de palmarès. Brian de Palma s'en serait-il inspiré pour l'épisode du bal de finissants de Carrie qui, également se métamorphose passant d'ange à démon.


John Travolta dans Saturday Night Fever est, en fait, un clone de Buddy Love (Jerry Lewis)


Pas de lecture cinéphilique en cours. Je suis immergé dans Millénium de Stieg Larsson. Pourtant, je suis toujours déçu par ces "coup-de-coeurs" médiatiques. Non, c'est faux, j'ai adoré au-delà de toute mesure, "Le seigneur des anneaux" de Tolkien.
Évaluation IMDB : 6,7 sur 10 pour 3213 voteurs
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 8 décembre 1971 à la télévision à Québec
Mon 86ème film des 1001 films

mercredi 19 mars 2008

79. Porter : The Great Train Robbery

1001 films : The Great Train Robbery
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Absent de ce palmarès

Titre français : Le vol du Grand Rapide
Film américain réalisé en 1903 par Edwin S. Porter (1870-1941)
Avec Gilbert "Broncho Billy" Anderson, George Barnes

Le premier western de l'histoire du cinéma.
Un western d'une durée de seulement 12 minutes. Mais on y retrouve déjà les éléments du langage filmique du western : ambiance de saloon, attaque de train, poursuite à cheval, l'utilisation intempestive du "six-coups", la gare et son télégraphe, les bons qui ont finalement raison des méchants.
Scène hilarante : au saloon les habitués font danser un nouvel arrivant en lui faisant sauter les pieds à coup de revolver; un futur classique.

On se demande si les spectateurs présents lors des premières projections étaient vraiment conscients qu'il s'agissait d'une fiction et non pas d'actualités actés comme on procédait souvent à cette époque des débuts du cinéma. D'autant plus que les attaques de train par des gangs de bandits étaient monnaie courante à cette époque pendant laquelle sévissait régulièrement le célèbre duo Butch Cassidy et de Sundance Kid avant leur départ pour l'Argentine en 1901. À leur sujet, voir le grand western de Sam Peckinpah Butch Cassidy and the Sundance Kid.

Naissance de la première star du western : Gilbert Anderson qu'on surnommera Broncho Billy, nom du cowboy qu'il personnifia dans la saga des Broncho Billy qui s'étendit tout au long des années 1910. Un homme de cinéma polyvalent et une production titanesque. Voyez plutôt :
il a écrit 237 scénarios, il a produit 245 films, il en a réalisé 384 et il a joué dans 356 films; tout ça en moins de 20 ans.
Et pourtant qui retient-on comme le prototype du cowboy du cinéma muet ? La grosse moustache ci-dessous qui n'a joué que dans 11 films : George Barnes

Ce plan ne fait pas partie du déroulement du film. Il était suggéré par la compagnie Edison de présenter ce plan, soit au début, soit à la fin du film. Quand on pense que les gens avaient encore peur lorsque, à l'écran, un train entrait en gare, on peut supposer que plusieurs ont dû faire dans leur froc lorsque la Moustache s'est mis à leur tirer dessus.

Lecture cinéphilique en cours : Le dictionnaire Truffaut sous la direction de Antoine de Baecque et Arnaud Guigue. Publié en 2004. Tout Truffaut en pièces détachées; plus de 300 entrées. Pour inconditionnel de Truffaut seulement. Dans la lettre "B" l'article intitulé "Bonnie and Clyde". On y apprend, horreur, que Truffaut a décliné l'invitation de producteurs américains pour réaliser ce film. On peut rêver sur ce qu'aurait été la carrière de Truffaut après une telle production. "Ce n'est pas pour cela que Truffaut a eu tort de refuser le projet, c'est à cause de Faye Dunaway. Dites, François, Faye Dunaway, vous ne vous êtes pas mordu les doigts de ne pas l'avoir dirigée? Faye Dunaway, les plus belles jambes du cinéma américain - du cinéma tout court, oui." (Éric Neuhoff). Pour les sceptiques, voir Dunaway dans Barfly de Barbet Schroeder.

Évaluation IMDB : 7,5/10 par 2132 voteurs.
Toutes les informations sur le film sur IMDB.
Visionné, la première fois, le 20 juillet 1971 à la cinémathèque de l'Université Laval à Québec.
J'ai vu le premier western de l'histoire du cinéma à la cinémathèque de l'Université Laval. Qu'est-ce que je foutais là, seul, enfermé dans un local mal aéré et surchauffé, alors qu'il faisait un temps splendide sur Québec en ce milieu d'été de 1971? Je ne me souvenais pas avoir été si malade de cinéma à cette époque.
Mon 79ème film des 1001 films

mardi 4 mars 2008

76. Hitchcock : The Birds

1001 films : The Birds
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle : Au 77ème rang

Film américain réalisé en 1963 par Alfred Hitchcock (1899-1980)
Avec Tippi Hedren, Rod Taylor, Jessica Tandy, Suzanne Pleshette, Veronica Cartwright.

"Spring Break" ou relâche scolaire au Québec.
Relâche de visionnement. Première fois depuis 18 mois que je ne fais aucun visionnement pendant quatre jours consécutifs.
Pendant que notre fille est dans un programme humanitaire au Salvador, Lu et moi décidons d'aller à la plage sur la côte du Maine, USA. Une grande première : marcher sur la plage pendant une tempête de neige avec en arrière-plan une mer démontée comme je n'en ai jamais vue de toute ma vie sur la côte atlantique. Week-end fort roboratif (terme appris en lisant le grand controversé Gabriel Matzneff, ) les pieds sous la couette dans une chouette auberge, vin rouge, la mer en furie à 20 mètres et un gros bouquin sur le cinéma, quoi d'autre.

Je ne suis pas un fervent amateur de "making of". Jamais, je ne regarde ce type de production concernant les films actuels. Mais quand on les retrouve, sur DVD, en accompagnement de films classiques, je me fais un devoir de les visionner. Habituellement, je n'y trouve pas beaucoup d'intérêt sauf à évaluer l'outrage des ans sur le visage des grands acteurs du passé. Bien, voilà, le "making of" de The Birds, intitulé About the Birds, est passionnant en ce qu'il nous dévoile l'immense travail technologique que cache l'utilisation de ces milliers d'oiseaux tout au long du film; ceci expliquant probablement la minceur de l'histoire sous-jacente et notre impatience, lors d'un second visionnement, envers l'historiette amoureuse entre la "blonde au visage d'acier" et le"grand brun". Autre moment émouvant, revoir la belle Tippi Hedren, toujours aussi froide et blonde; probablement la plus belle femme de 70 ans, ever. À côté d'elle, Rod Taylor a plutôt l'air d'une vieille outre à vin.
Si vous jetez un coup d'oeil sur les crédits du générique de About the Birds, vous allez découvrir le nom du plus grand réalisateur de "making of". Laurent Bouzereau a écrit, réalisé et produit plus de 200 films documentaires sur des oeuvres de cinéastes depuis qu'il a commencé cette carrière en 1995. Entretien avec Bouzereau sur le site Film de culte.

Le moment le plus effrayant n'est pas sur l'écran : à la fin du film, les membres de la famille quittent la maison et doivent se frayer un chemin parmi des milliers d'oiseaux apparemment calmes mais prêts à attaquer. C'est à ce moment-là, alors que tous les spectateurs sont tendus en attente d'un quelconque sursaut des oiseaux, qu'un spectateur dans la salle pousse un cri de corneille : grand moment de stupeur ponctué de multiples cris suivi d'un éclat de rire général; Hitch pousse alors un grand soupir de satisfaction.

Ma séquence préférée : celle de l'école. Mélanie Daniels (Hedren) est dans la cour de l'école attendant la petite Cathy (Cartwright) afin de la ramener à la maison dans ce contexte de début d'hystérie collective autour des attaques d'oiseaux. Pendant environ 2 minutes, elle attend nerveusement que les enfants finissent leur chanson qui marque la fin des classes. Pendant que Mélanie fume sa cigarette l'on voit, derrière elle, les oiseaux lentement se regrouper sur un appareil de gymnastique. L'on voit, mais elle ne voit pas le drame qui se prépare à son insu. Jusqu'au moment où, apercevant une corneille, elle la suit du regard jusqu'à l'appareil où elle constate l'immense attroupement d'oiseaux. Toute cette séquence est accompagnée de la répétition lancinante du même refrain de la chanson enfantine. Un chef-d'oeuvre dans l'horreur. Voyez par vous-mêmes :

C'est amusant de voir, sur You Tube, la réaction des gens par rapport au film de Hitchcock. Une immense colère face à cette absence d'explication de l'attaque des oiseaux. 45 ans plus tard, Hitch fait encore des ravages.
Une des fins envisagées : montrer le Golden Bridge de San Francisco couvert d'oiseaux.

Lecture cinéphilique recommandée : Entretien de François Truffaut avec Alfred Hitchcok à propos des Birds reproduit dans un des plus célèbres livres publiés sur le cinéma : Hitchcock/Truffaut, Gallimard, 2000. En tête (avec 10 000 autres) de ma liste de lecture.
Encore mieux : vous pouvez écouter les 22 bobines sur lesquelles se trouve l'entretien en vous rendant sur le site de trombonheur

Évaluation IMDB : 7,9/10 pour 36 917 voteurs.
Mon évaluation : 8,0 sur 10
Toutes les informations sur le film sur IMDB.
Visionné, la première fois, le 6 juillet 1971 au cinéma de l'Université Laval à Québec
Un été passé enfermé dans les salles de cours pour poursuivre mon baccalauréat en Géographie et dans la cinémathèque de l'Université Laval pour visionner les grands classiques du cinéma muet. Tout à fait excitant, non? ....Ah bon!
Post-scriptum qui n'a rien à voir (clin d'oeil à Delfeil de Ton du Nouvel Observateur) : En ce 6 juillet 1971, décès de Louis Armstrong.
Mon 76ème film des 1001 films

mardi 5 février 2008

72. Altman : MASH

1001 films : MASH
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Au 396ème rang

Film américain réalisé en 1970 par Robert Altman (1925-2006)
Avec Donald Sutherland, Elliott Gould, Tom Skerritt, Sally Kellerman, Robert Duvall

C'est probablement un film-culte pour ceux de ma génération, celle des "baby devenus papy-boomers".
Mais, pour moi, ce film m'a toujours laissé indifférent. J'ai toujours trouvé sa réputation sur-faite. Et un visionnement récent a confirmé ma perception d'alors. C'est un gros vaudeville machiste, homophobe et misogyne qui patauge... On a l'impression de voir une énorme séance de bizutage pour adolescents.
Il est vrai que ce film qui nous dépeint la vie quotidienne d'un hôpital militaire près d'un champ de bataille (en Corée mais tout le monde pense au Vietnam) où les chirurgiens opérent à coeur ouvert tout en fumant un joint a dû beaucoup impressionner à l'époque : quel pied-de-nez à l'establishment médical et quel coup de pied-au-cul à la hiérarchie militaire. Mais, comme tout ça a bien mal vieilli.

Quand même, quelques séquences d'anthologie :
La douche de "Hot Lips" (Sally Kellerman).
Le dernier souper de "Painless" (John Schuck) avant son suicide : reproduction de la Dernière Scène de Leonardo Da Vinci.
Une trouvaille géniale ajoutée en post-production : les annonces complètement farfules à travers les haut-parleurs du camp.

Altman a réussi à faire ce film parce que les producteurs de la 20th Century Fox étaient trop occupés à superviser deux gros blockbusters : Patton et Tora! Tora! Tora!. et qu'ils n'étaient pas vraiment préoccupés par le film à petit budget réalisé par Altman. Un autre pied-de-nez à l'establishment. Ce qui fit dire à Altman : "This film wasn't released - it escaped."

MASH : Mobile Army Surgical Hospital. Unités chirurgicales installées près des zones de combat mises en services pendant la guerre de Corée et utilisées lors des conflits suivants jusqu'en 2006.

Je viens de lire que plus de personnes ont vu le match du Super Bowl XLII (un des derniers endroits où l'on utilise encore les chiffres romains), le dimanche dernier 3 février, que toute autre émission de télévision aux États-Unis, à l'exception du dernier épisode de M.A.S.H. (256 épisodes de 1972 à 1983) en 1983 qui avait attiré 106 millions de téléspectateurs.

Oscar 1971. Une statuette pour le meilleur scénario tiré d'un roman.
Cannes 1970. Palme d'or à Robert Altman.
Évaluation IMDB : 7,8/10 pour 23 292 voteurs
Mon évaluation : 7,0/10
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 16 mai 1971 au cinéma Dauphin à Québec
Petit exercice futile mais combien cinéphilique. Faisons cet exercice pour une première et dernière fois.
Que voyons-nous dans les cinémas de Québec en ce mois de mai 1971?
The Fabulous Bastard from Chicago de Greg Coparito (2,3/10 imdb),
La maison des Bories de Jacques Doniol-Valcroze (des Cahiers du cinéma), j'avais bien aimé,
Les mâles de Gilles Carle, film québécois,
Mourir d'aimer d'André Cayatte, j'avais aussi bien aimé,
Rosemary's Baby de Roman Polansky, voir message du blog,
La fille au pistolet de Mario Monicelli,
De Sade de Cy Endfield (4/10 imdb),
Love Story de Arthur Hiller, j'ai certainement versé quelques larmes sur ce plat de guimauves moi qui pleure si facilement au cinéma,
Trois fauves déchaînés de Bruce Kessler (4/10 imdb),
Formule 1 de Guido Malatesta,
El condor de John Guillermin,
Riot de Buzz Kulik
Obsessions de Pim de la Parra, un réalisateur du Surinam réalisant un film allemand!!! Que vient faire dans ce four la montréalaise Alexandra Stewart. (5,4/10 imdb)
28 minutes d'angoisse (28 minuti per 3 milioni di dollari) de Maurizio Padreaux, encore un super-navet (4,8/10 imdb)
Skidoo de Otto Preminger!!! (4,8/10 imdb),
Un monde psychédélique de Richard Rush (5,7/10 imdb). Jack Nicholson y joue le personnage de Stoney; c'est sûrement à voir. Ça se retrouve en DVD.
Une femme libre de Claude Pierson. Qu'est-ce que le beau-frère du président Mitterrand vient faire dans ce film de cul? Pierson, le grand spécialiste des films porno aux titres si juteux...
Les rêves érotiques de Paula Schultz de George Marshall (4,3/10 imdb),
Tarzan et l'enfant de la jungle de Robert Gordon (4,9/10 imdb),
L'amour physique de Tiziano Longo. Le film n'existe même pas sur IMDB, c'est pour vous dire la nullité de cette oeuvre.
Après-ski de Roger Cardinal, film de cul québécois (2,8/10 imdb),
Sous les caresses du vent nu de Gunnar Hoglund (3,3/10 imdb). Quelle tristesse de voir Birger Malmstem, le premier grand acteur de Bergman (10 films), jouer dans ce navet.
Bilan : 8 films visionnables et 13 navets.
Mon 72ème film des 1001 films

mardi 29 janvier 2008

70. Hopper : Easy Rider

1001 films : Easy Rider
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Au 334ème rang

Film américain réalisé en 1969 par Dennis Hopper (1936)
Avec Peter Fonda, Dennis Hopper, Jack Nicholson

Le road-movie for ever.
Je ne connais pas de films qui correspondent au concept de road-movie, avec une telle perfection.

Pas d'histoire dans cette traversée de l'Ouest américain, de Los Angeles à New Orleans.
Seulement la route, deux gars vaguement hippies sur leur moto équipée de choppers (équipement associé plutôt aux gangs de motards, style Hell's Angels pas vraiment adeptes de la contre-culture!), peu de dialogues, des paysages dignes des plus beaux westerns (Monument Valley), des chansons sublimes (Steppenwolf, The Band, Roger McGuinn des Byrds chantant une chanson de Dylan, etc), et des rencontres marquantes. Tout ça joyeusement entremêlé de cannabis, de cocaine et d'acide.

J'avais oublié, l'ai-je jamais su?, à quel point le personnage de Peter Fonda (Wyatt) est touchant. Face au caractère mal dégrossi de Billy (Dennis Hopper), Wyatt est d'une douceur angélique malgré son attirail de Captain America. Il flotte sur les événements, peu sensibles à l'environnement. Ses rencontres sont toujours riches de tendresse et d'affection.

Un festival d'icônes (les stéréotypes?) de la contre-culture : la liberté les cheveux dans le vent, les psychotropes à volonté, la Commune où l'on pratique l'amour libre et où les filles s'offrent à tout venant, une VW Wesphalia déglinguée, la musique rock, les pays rednecks où les panneaux-réclames «Beautify America, Get a Haircut» côtoient les «Support Your Local Police»,

Hopper et Fonda ont été inspirés par le film italien Il Sorpasso (Le fanfaron) de Dino Risi qui raconte le voyage de deux types à travers l'Italie en décapotable. Avec Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant. 8,2/10; film à voir, donc.

Je dois dire que ce type de films n'était pas vraiment mon «bag» pour utiliser une expression populaire à l'époque. Je carburais plus aux films engagés politiquement ou bien aux films intimistes à la Bergman. Easy Rider m'apparaissait plus comme un gros «trip» d'adolescents attardés, peu politisés, insconscients, flottants au-dessus de la réalité sociopolitique de l'époque. Et je déteste que ce film soit perçu comme porte-étendard de cette époque, malencontreusement appelée Flower Power (encore un truc de media!).

Festival de Cannes 1969 : Prix de la première oeuvre à Dennis Hopper
Évaluation IMDB : 7,3/10 pour 20 001 voteurs
Mon évaluation : 7,8/10
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, le 28 février 1971 au cinéma à Québec
Mon 70ème film des 1001 films

jeudi 17 janvier 2008

68. Ford : The Grapes of Wrath

1001 films : The Grapes of Wrath
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle : Au 112ème rang

Titre français : Les raisins de la colère
Film américain réalisé en 1940 par John Ford (1894-1973)
Avec Henry Fonda (Tom Joad), Jane Darwell, John Carradine
Adapté du roman de John Steinbeck qui lui a valu le prix Pulitzer (le Goncourt américain) en 1939.

Bon sens que la réalité socio-politique était simple à analyser à cette époque-là.
Petit résumé du film : D'un côté les bourgeois exploiteurs à la grosse berline et au gros cigare qui manie, sans vergogne, le "big stick" de la loi et de l'ordre et de l'autre le misérable prolétariat, banni de ses terres, jeté sur les routes et à la merci des grands propriétaires terriens. Assistant à cette lutte inégale et impitoyable, des fonctionnaires du gouvernement (celui de Roosevelt) qui annoncent les premiers balbutiements de l'État-providence.
Certains diront que rien n'a changé, sauf la manière. Mais, ce qui est certain c'est que ce type d'analyse simple, en général truffé de colères bien senties, appliqué à nos sociétés riches ne tient plus vraiment la route. Il faut mieux affiner notre argumentation. Et bla bla bla.....
Et le film dans tout ça? Les images. Il me semble, qu'au-delà du drame sociopolitique, c'est ce qui m'a le plus emballé en visionnant ce film à nouveau.
À la caméra, Gregg Toland. Considéré comme le plus grand caméraman de l'ère du cinéma noir et blanc. On peut déjà voir à l'oeuvre dans The Grapes of Wrath sa technique du clair-obscur qu'il a utilisé à profusion dans Citizen Kane. Le clair-obscur est une technique picturale dans laquelle des parties claires côtoient immédiatement des parties très sombres, créant des effets de contrastes parfois violents.
Ci-dessous, exemple d'un clair-obscur typique de Toland.



Cette technique du clair-obscur est inspiré des oeuvres de Michelangelo Merisi, dit « Le Caravage». En art, on appelle cette technique le chiaroscuro. Galerie-photo, le site français de la photographie haute résolution, explique et illustre bien cette technique. Plusieurs images de la technique du chiaroscuro sur Wikipédia .

Un des premiers grands road-movies de l'histoire du cinéma (une liste de 45 road-movies) : Tom Joad (Henri Fonda), au volant d'un camion pourri et surchargé, entreprend de mener sa famille de l'Oklahoma à la Californie, en empruntant la route américaine la plus mythique qui soit, U.S. route 66 qui débute à Chicago pour se terminer à Los Angeles. Des millions de Tom Joad emprunteront cette route après la grande dépression de 1929-1932, fuyant le "dust bowl" (région dont les terres ont été transformées en poussière par plusieurs années de sécheresse et par une sur-utilisation) pour aller briser leur rêve au contact des grands exploitants de produits agricoles californiens.
Premier plan du film : Henri Fonda marche seul sur une route empoussiéré au milieu de la plaine. On a l'impression qu'il s'en va à la rencontre de Charles Bronson dans Il était une fois dans l'Ouest, tellement sa démarche est identique à celle qu'il aura 38 ans plus tard.

Je viens de voir, au cinéma Quartier Latin à Montréal, La question humaine de Nicolas Klotz. Bouleversant. C'est rare (mon oeil!) que je suis emballé à ce point par un film. Mathieu Amalric et Michael Lonsdale, un sommet dans l'interprétation.

J'ai vu aujourd'hui mon 3500ème film à vie : The End of St.Petersburg de Vsevolod Pudovkin

Oscar 1941 : John Ford, meilleur réalisateur; Jane Darwell, meilleur actrice pour un second rôle
Évaluation IMDB : 8,1/10 par 14 513 voteurs.
Au 179ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les voteurs sur IMDB
Mon évaluation : 8,0/10
Toutes les informations sur IMDB
Bande-annonce sur Allociné.com
Visionné, la première fois, en février 1971 à la télévision à Québec

Mon 68ème film des 1001 films

dimanche 23 décembre 2007

64. Ford : The Man Who Shot Liberty Valance

1001 films : The Man Who Shot Liberty Valance
Titre français : L'homme qui tua Liberty Valance
Palmarès des films du 20ème siècle : Au 44ème rang

Film américain réalisé en 1962 par John Ford (1894-1973)
Avec John Wayne, James Stewart, Vera Miles et Lee Marvin

Je sais. John Ford est un des plus grands réalisateurs américains. Je sais. The Man Who Shot Liberty Valance est souvent classé dans la liste des 100 meilleurs films. Mais rien n'y fait. Je trouve ce film vieilli et redondant tant par le sujet traité que par sa forme conventionnelle.
Sujet déjà traité par des films tels que High Noon de Fred Zinneman et Mr. Smith Goes to Washington de Frank Capra.
Forme conventionnelle : comment peut-on, en 1962, encore tourner en studio une scène d'attaque de diligence?
Et John Wayne, vieilli, trop vieux pour ce rôle, perdu, dans ce film au verbiage pédagogique.
Un James Stewart, trop vieux pour son rôle de jeune avocat débutant, en train de répéter son rôle pour le film Mr. Smith Goes to Washington, pourtant tourné 23 ans auparavant.
Le contenu pédagogique du film, lourdement souligné, nous ramène pratiquement au cinéma des années 1930.
C'est la fin d'une époque. Les vieux spécialistes du western font leur dernier tour de piste. À l'horizon, Sergio Leone est en train de préparer ses westerns spaghettis : le western ne sera jamais plus le même.

Je n'avais pas encore vu les westerns de Leone qui allaient réhabiliter à mes yeux cette catégorie de cinéma. Mais, à cette époque effervescente sur le plan politique (post-mai 68, arrivée du Parti Québecois à l'assemblée nationale du Québec, crise d'Octobre 1970), pendant laquelle je ne m'intéressais qu'au cinéma à contenu politique, les vieux westerns traditionnels à la Ford-Wayne ne trouvaient aucune grâce à mes yeux. Ils étaient d'une époque révolue.

En 1962, nous sommes, aux USA, au milieu de la grande période de la défense des droits civiques des Noirs. Bob Dylan, Joan Baez, Pete Seger, entre autres, seront de célèbres porte-paroles de cette lutte lors de spectacles et, plus particulièrement, lors du Newport Folk Festival.

John Ford était conscient de ce mouvement en faveur des droits civiques.
À un certain moment dans le film, Woody Strode , acteur noir, (voir sa biographie remarquable quant à la lutte contre les barrières raciales) qui interprète le rôle de Pompey dans le film de Ford récite le 1er amendement de la constitution des USA dans lequel il est spécifié que tous les hommes sont égaux. On était loin du compte. À l'époque pendant laquelle se déroule l'action du film (1900-1910), on est loin de l'égalité entre noirs et blancs ou bien, comme on le constate plus loin dans le film lors de la période de votation, entre hommes et femmes. Comme dirait George Orwell, "tous les humains sont égaux mais il y en a certains qui sont plus égaux que d'autres".

Évaluation IMDB : 8,1/10 pour 14257 voteurs. Au 239ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les voteurs de IMDB.
Mon évaluation : 7,3/10
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1970 à la télévision à Québec
Mon 64ème film des 1001 films

mercredi 12 décembre 2007

63. Whale : Frankenstein

1001 films : Frankenstein
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle : Au 165ème rang

Film américain réalisé en 1931 par James Whale (1889-1957)
Avec Colin Clive, Mae Clarke, John Boles et Boris Karloff

Trop de placotage, pas assez de monstre. Tout ce qui m'intéressait dans ce film, c'était Frankenstein. La mise en place de l'intrigue sans le monstre est longue, maladroite et pénible.
De plus, il me semble qu'il y a eu une erreur de casting : Colin Clive, 31 ans, aux allures d'agent immobilier, n'a aucune crédibilité en docteur Frankenstein. Quand on sait que Bela Lugosi (Dracula, 1931) avait été approché pour jouer ce rôle, on ne peut que regretter ce rendez-vous manqué entre Dracula et Frankenstein.




Bela Lugosi

Deux scènes valent à elles seules le visionnement de ce film plutôt mal fait :
1. La rencontre émouvante entre le monstre et la petite fille au bord du petit lac.
2. La scène finale où le monstre et son maître périssent dans l'incendie et l'écroulement du moulin. Deux ans plus tard, le gros singe King Kong va s'inspirer de cette scène et la transposer au coeur de New York en s'attaquant à son grand moulin, l'Empire State Building.

On s'imagine que la carrière de Boris Karloff a commencé avec sa personnification de Frankenstein tant sa carrière a été marquée par des rôles de monstre. En fait, il avait déjà joué dans 77 films lorsqu'il fut engagé, à 44 ans, pour personnifier Frankenstein dans le film de Whale.


Boris Karloff

Évaluation IMDB : 8,1/10 pour 13649 voteurs. Au 206ème rang des meilleurs films de tous les temps selon les voteurs de IMDB.
Mon évaluation : 7,5/10
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné, la première fois, en 1970 à la télévision à Québec
Mon 63ème film des 1001 films

mardi 6 novembre 2007

56. Polanski : Rosemary's Baby

1001 films : Rosemary's Baby
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle : Au 170ème rang

Film américain réalisé en 1968 par Roman Polanski (1933)
Avec Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon et Sidney Blackmer.
La voix de Tony Curtis.

Quarante ans et pas une ride.

Le chef d'oeuvre de Polanski traverse le temps sans coup férir. Le lent montage du complot ou de la paranoïa de Rosemary est toujours aussi efficace. Cette lenteur du scénario qui est souvent le plus grand tort que l'on trouve aux films anciens est, ici, un élément fondateur du film. Sans cette lenteur, pas de complot ni de paranoïa; ce ne serait qu'un banal thriller.

Dans une entrevue pour les Cahiers du Cinéma de janvier 1969, Polanski nous dit que tout le film est réalisé pour créer l'ambiguité. "...je ne veux pas que le spectateur pense ceci ou cela : je veux simplement qu'il ne soit sûr de rien. C'est cela le plus intéressant, l'incertitude."

Mais, lorqu'à la fin du film, Rosemary s'approche du berceau, tout de noir décoré, pour enfin prendre contact avec son bébé qu'elle n'a pas encore vu, toute ambiguité tombe. A tel point, qu'il paraît qu'une grande partie des spectateurs sont certains d'avoir vu le bébé alors qu'il n'apparaît dans aucun plan. J'ai vécu, moi-même, ce trouble de la perception. J'aurais juré, avant de revoir ce film il y a quelques jours, que j'avais vu le bébé avec ses pieds fourchus lors de mon premier visionnement en 1969.

L'art de se mettre les pieds dans les plats.
Était-ce vraiment une bonne idée d'amener ma future conjointe voir ce film moins d'un mois avant notre mariage? Non, pas vraiment. Elle est sortie du cinéma en larmes, complètement perturbée. Des jours à se remettre sur pied. Le coeur n'était plus à la préparation de la noce.
Et cette phrase tirée de la publicité du film, "On ne connaît jamais vraiment ceux qui nous entourent", n'allait pas arranger les choses.
Il y a de ces hasards qui vous jetteraient dans les bras du premier couple de Témoins de Jehovah à se présenter à votre porte. Nous avons reçu en cadeau de noces l'ensemble de vaisselle Sherwood de Denby/Langlay. Évidemment, ça ne vous dit rien. Mais moi, si. Pendant des années, j'ai mangé dans le même modèle d'assiette que l'on retrouve à la table de Rosemary en voyant le gros plan du couteau de Rosemary tranchant un morceau de foie de veau saiguinolent sur cette assiette. Dur!!!

Le Dakota : Le film a été tourné dans un studio de Hollywood mais les vues extérieures proviennent de ce célèbre immeuble situé en face de Central Park à New York.


John Lennon fut assassiné devant cet immeuble où il résidait avec Yoko Ono le 8 décembre 1980. J'ai appris cette nouvelle à la sortie d'un concert donné par Diane Dufresne à l'ancien Forum de Montréal.
Immeuble qui a hébergé un tas de célébrités : Lauren Bacall, José Ferrer, Judy Garland, Boris Karloff, Rex Reed, Leonard Bernstein, Charles Henri Ford et Rudolf Nureyev.

NON PAS UN ROSEMARY'S BABY II!!! Look What's Happened to Rosemary's Baby réalisé pour la télévision en 1976 par Sam O'Steen est, paraît-il, "total garbage" : un four... une fournaise où périront tous les profanateurs du chef d'oeuvre de Polanski.

1969 : Oscar du meilleur rôle de soutien féminin pour Ruth Gordon, 72 ans, qui sera l'interprète de Maud dans le célèbre film Harold and Maud.
Évaluation IMDB : 8,1/10. Classé au 226ème rang des meilleurs films.
Mon évaluation : 8,5/10
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Coté 2 par Mediafilm
Un des 350 films de Monsieur Cinéma
Visionné, la première fois, le 3 août 1969, au cinéma Capitole, à Québec
Mon 56ème film des 1001 films

mercredi 17 octobre 2007

55. Hitchcock : The Wrong Man

1001 films : The Wrong Man.
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Absent de ce palmarès

Titre français : Le faux coupable
Film américain réalisé en 1956 par Alfred Hitchcock
Avec Henry Fonda, Vera Miles, Anthony Quayle et Harold J. Stone

En deux mots. L'histoire d'un contrebassiste new-yorkais, Manny Balestrero, injustement accusé de vols suite à une accumulation de fausses identifications par des témoins peu compatissants. On assiste à sa descente aux enfers ainsi qu'à celle de sa femme qui se retrouvera en hôpital psychiâtrique.
Finalement, par pur hasard, pendant un procès perdu d'avance, le vrai coupable est arrêté.

"In 1953, New York City musician Christopher Emmanuel "Manny" Balestrero was acquitted of a robbery charge that had been based on three mistaken IDs. The real robber, once police found him, strongly resembled Balestrero."
Article sur les erreurs des identifications en ligne. USA Today. 26 novembre 2002.




"Balestrero à la compagnie d'assurance : encore innocent et déjà derrière les barreaux."
Jean-Luc Godard. Cahiers du cinéma. Juin 1957. Numéro 72. Critique du film The Wrong Man.

Godard, critique de cinéma : incontournable. Je vous recommande de lire cet article. En allant sur le site des Cahiers du cinéma, vous pourrez, moyennant 2 euros, avoir accès à cet article. Je sais deux euros pour une critique qui a 50 ans d'âge, ça peut paraître aberrant. Mais c'est Godard et 50 ans d'âge pour une telle critique c'est aussi savoureux que 50 ans d'âge pour un porto.
De fait les 70 000 pages des 620 numéros des Cahiers du cinéma sont accessibles en ligne moyennant 1 ou 2 euros par article.
C'est à peu près à l'époque du visionnement de ce film, printemps 1969, que j'ai commencé à acheter les Cahiers du Cinéma et à me procurer les anciens numéros.
Mon premier numéro :


Juin 1969. Numéro 213. 6 francs (nouveau, si ça dit encore quelque chose à quelqu'un).
Sur la couverture : Anne Wiazemsky (petite-fille de François Mauriac et ex-épouse de Jean-Luc Godard) et Carmelo Bene dans Capricci de ce dernier. Toujours disponible pour 5,40 euros.
J'ai acheté tous les numéros jusqu'au 400ème et je me suis procuré les 14 volumes des fac-similés de ce que l'on appelle les Cahiers jaunes (les 161 premiers numéros qui couvrent la période d'avril 1951 à décembre 1964).

Évaluation IMDB : 7,4/10 pour 4000 voteurs
Mon évaluation : 7,3/10
Toutes les informations sur le film sur IMDB
Visionné la première fois à la télévision à Québec le 6 juin 1969
Dans l'actualité de ce jour : Titre d'un article : "On discutera d'une réduction de 50 000 Américains" ... au Vietnam. Plus ça change...
Mon 55ème film des 1001 films

mercredi 10 octobre 2007

54. Capra : Mr. Deeds Goes to Town

1001 films : Mr. Deeds Goes to Town
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle : Absent de ce palmarès


Film américain réalisé en 1936 par Frank Capra (1897-1991)
Avec Gary Cooper, Jean Arthur, George Bancroft et Lionel Stander

Transposition pour adultes de la bande dessinée de Disney, Le rat des champs et le rat des villes.

Le grand poète de la campagne (Longfellow Deeds), du Vermont, je crois, au coeur sensible et tellement authentique qui débarque dans le monstre froid, impersonnel et malfaisant de la grande ville, New York. Après 10 minutes de celluloid, tout était joué. Le coeur allait gagner sur la raison. Et vive les topinambours!!

Certaines scènes valent à elles seules le film :
Gary Cooper qui accompagne au tuba Jean Arthur qui tambourine Swanee River sur un banc de Central Park.
La lecture du poème de Deeds dans lequel il fait sa demande en mariage à Arthur. Sniff!

L'inévitable procès qui dure une éternité brise toute la dynamique du film. Les scènes de tribunal, longues et laborieuses, quoique à certains moments assez drôles, nous mèneront à la conclusion que nous connaissions depuis le tout début du procès : la victoire du rat des champs.
Gary Cooper, dans les scènes du procès, est complètement à côté de ses pompes. On voit très bien que les plans de Cooper ont été tournés ailleurs tant ses mimiques sont inappropriées ou grotesques.

Il m'arrive quelquefois d'être totalement injuste avec un film en ignorant son contexte historique. C'est le cas ici. Je suis incapable de me dégager de la fournée de stéréotypes servie par cette histoire. Qu'il ait plus de 70 ans, n'y fait rien.

Cette attitude est peut-être induite par ma présente lecture du livre de Al Gore, Une vérité qui dérange ou serait-ce plutôt une vérité qui dérape. Ce document est tellement farci de clichés et de bons sentiments "écolo-ma-pauvre-planète-qui-meurt" et d'erreurs grossières que j'enrage. Al Gore, le Longfellow Deeds de l'environnement, discrédite une lutte écologique incontournable par sa niaiserie éditoriale. Et le film qui a gagné des tas de prix dont le Oscar 2006 pour le meilleur documentaire : Good Grief comme dirait Charlie Brown.

Academy Awards 1937. Oscar pour la meilleure réalisation à Frank Capra
Festival de Venise 1936. Prix spécial à Frank Capra
Évaluation IMDB : 7,9/10 pour 4190 voteurs
Mon évaluation : 7,0/10
Toutes les informations sur le film sur IMDB
New York Times 1000 Best Movies
Visionné, la première fois, à la télévision à Québec en mai 1969
Mon 54ème film des 1001 films